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dimanche, octobre 17, 2021

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Interview : « Je suis heureuse d’avoir marqué l’histoire de mon pays à ma petite façon » – Valérie Ayena

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Elle a représenté la beauté camerounaise en 2013, et Valérie Ayena continue d’exercer le métier qui la passionne, le mannequinat… Nous sommes allés à la rencontre de l’ambassadrice #MadeOfBlack pour avoir son point de vue sur le métier de mannequin en Afrique…

Je Wanda Magazine : Quel regard portes-tu sur le mannequinat dans ton pays, en Afrique de l’Ouest et en Afrique en général ?

Valérie Ayena : Le Mannequinat au Cameroun n’est malheureusement pas encore un métier compris. Ni l’offre, Ni la demande n’ont déjà intégré le fait que ce soit un métier à part entière. Je le dis car au Cameroun pour l’instant, les mannequins (représentant l’offre ici) ne savent pas quelle est leur vraie valeur. Ils acceptent la plupart du temps de travailler pour des salaires dont le montant est généralement très bas. Quant aux clients potentiels, Organisateurs de défilé, couturiers, entreprises, agence de communication, etc ( formant la demande), ces derniers ne proposent que de très faibles rémunérations. Cependant, ils attendent que les modèles leur fournissent une qualité de service irréprochable. Ils refusent de payer comme il se doit mais attendent de bons résultats pour servir leurs différentes campagnes… Les mannequins se retrouvent toujours obligés d’accepter les miettes que l’on leur propose car ils n’ont pas d’autres alternatives et c’est un cercle vicieux qui n’en finit pas.

Cette situation est propre à mon cher pays le Cameroun car à côté de nous, en Afrique de l’ouest, le système fonctionne mieux pour les mannequins et dans le reste de l’Afrique, c’est encore mieux. En Afrique du Sud où je travaille depuis 2011, c’est juste le Top car tout est soumis à une bonne réglementation. Les mannequins sont très bien payés et leurs droits sont parfaitement respectés.

J.W.M. : Que peux-tu dire sur la perception des gens ?

V.A.: Les gens au Cameroun, percevaient le mannequinat comme un métier pour Les filles aux mœurs faciles et les garçons paresseux (lol). Je pense humblement avoir participé au changement de cette perception des choses que de nombreuses gens avaient. Désormais, de plus en plus de personnes comprennent bien que c’est un métier sérieux et que cette porte ne s’ouvre qu’à quelques privilégiés.

J.W.M. : Gagnes-tu ta vie grâce à ton métier ?

V.A.: J’arrive à gagner ma vie grâce à mon métier de mannequin. C’est une bénédiction que je n’imaginais pas vivre. J’estime être privilégiée car tout le monde n’a pas la chance d’exercer le métier qu’il aime.

Apparition de Valérie Ayena dans « Tomber » de X Maleya

J.W.M. : Combien paye-t-on pour un défilé ?

V.A.: Au Cameroun, du temps de mes débuts, j’etais payée dix mille francs cfa par défile. Ces données ont bien changées aujourd’hui heureusement. En fonction des défiles, sur lesquels je travaille, je dirais que je suis payée Un million de fois plus que je l’étais au cameroun. Apres, le calcul est facile à faire (sourire)

J.W.M. : Quelles sont les difficultés liées à l’exercice de ce métier ?

V.A.: Selon moi, le plus difficile dans le mannequinat c’est d’être au top de sa forme 24h sur 24. Aussi bien mentalement que physiquement.c’est dur de refouler ses émotions d’être humain pour exercer son métier. Entendez par là que si vous avez un deuil par exple, ayant signé un contrat pour une date ou une heure precise, cela ne doit pas vous empêcher de donner le meilleur de vous même. Car une fois que le client a payé pour une prestation, vous vous devez de l’accomplir le mieux possible et ça, c’est une chose qui demande une grande force psychologique.

J.W.M. :  Quel avenir lui prédis-tu ?

V.A.: Personnellement, je pense l’exercer encore quelques temps ensuite je me plongerais dans ma seconde passion à savoir le journalisme événementiel.

J.W.M. : Quelles actions faudrait-il entreprendre pour que le mannequin africain ait la même estime que ceux de l’Europe ou des Amériques ?

V.A.: Le Mannequin Africain est apprécié en fonction du milieu où ce dernier choisit d’évoluer. En afrique centrale par exple, il faudrait juste que la profession soit reconnue à sa juste valeur. Que les mannequins sachent quels sont leurs droits et que les clients payent comme ils le font ailleurs. cela contribuera au réel changement des choses.

J.W.M. : Quels conseils donnerais-tu aux jeunes filles et femmes qui rêvent de ce métier ?

V.A.: Je leur dirais de s’y prendre tôt car le temps joue contre nous dans ce métier. Vu qu’en général c’est quelque chose d’éphémère (à moins que vous ne soyez Top model reconnue à l’échelle planétaire) il vaut mieux avoir un plan B. C’est à dire prévoir une alternative à cette carrière, cela peut être une chute dans les métiers de la communication et autre… télévision, radio, cinéma ou tout autre option qui contribuera à leur épanouissement personnel.

J.W.M. : Tu as été Miss Cameroun 2013, raconte-nous un peu cette aventure ? Et qu’est-ce que tu en retiens ?
V.A.: Ce fut une aventure enrichissante. Cela m’a permis d’avoir la reconnaissance nationale du peuple camerounais et j’en suis profondément honorée. J’en retiens simplement l’unité dont le Cameroun mon beau pays sait faire preuve car le soutien que j’ai reçu durant mon mandat m’a comblé et me comble encore à l’instant où je participe à cette interview. Nous sommes une belle nation et je suis heureuse d’avoir marqué l’histoire de mon pays à ma petite façon.

J.W.M. : Quels sont tes projets ?

V.A.: Dans l’immédiat je me rends à Cape Town où de nombreux contrats m’attendent. Je poursuivrai des actions dans le cadre de la campagne Guinness Made Of Black. Il est possible que je fasse un peu de télé et j’ai récemment reçu une proposition pour le cinéma… On verra bien ce qu’il en découlera. J’ai également l’intention de reprendre mes cours de journalisme car il me faut encore deux années pour obtenir mon diplôme international. Y a de quoi faire et j’en suis ravie car je n’aurais pas été heureuse si ma vie était ennuyeuse (lol).

J.W.M. : Quelque chose à rajouter ?

V.A.: Juste un grand merci à ceux qui croient en moi et me soutiennent de près ou de loin. Je n’ai jamais planifié être un exemple pour de nombreuses personnes mais c’est arrivé. Je souhaitais juste réaliser mes rêves et ma bataille pour y arriver est devenue source d’inspiration pour certains. Cela me touche beaucoup de recevoir tout ce soutien et tout cet amour. Je suis une personne de nature joyeuse ayant les pieds sur terre et j’entends le rester quelque soit les circonstances.
Je ne saurais terminer sans préciser mon admiration pour Céline V. Fotso, Fondatrice de ce media pour lequel je réponds aujourd’hui. Cette jeune femme fait partie de celles et ceux qui ont compris qu’il nous incombe de faire bouger les choses afin que le Cameroun avance. Je suis Fan de tous ceux qui se battent au quotidien afin de réaliser leur rêve. je crois fermement que nous sommes tous nés pour briller. Alors à vous de trouver votre voie !
Merci  »Je Wanda Magazine » <3

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