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Vidéo : « Trop noire pour être française ? » d’Isabelle Boni-Claverie

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Mêlant approche intimiste et analyses de spécialistes, la réalisatrice franco-ivoirienne Isabelle Boni-Claverie montre combien le passé colonial conditionne le regard de la France sur ses citoyens noirs.

Approximativement, car les statistiques dites « ethniques » sont proscrites, les Français à la peau noire seraient 3,3 millions. Lointains descendants des esclaves des Antilles ou des « indigènes » de l’empire colonial français d’Afrique, ils constituent une minorité souvent discriminée. Métisse élevée dans les beaux quartiers parisiens, fille d’une femme politique ivoirienne et petite-fille d’Alphonse Boni, un Noir devenu magistrat de la République française dans les années 1930, Isabelle Boni-Claverie se penche sur ce qui bloque l’ascension sociale des Français à la peau noire et la reconnaissance à part entière de leur citoyenneté.

Clichés
Partant de ses souvenirs personnels, la réalisatrice fouille dans son histoire familiale. Elle fait parler ses cousins blancs sur la manière dont sa famille maternelle, originaire du Tarn, a vécu le mariage de sa grand-mère avec un Ivoirien. Pour voir ce qui a pu évoluer depuis qu’elle en a été diplômée, elle pousse à nouveau la porte de la Fémis, prestigieuse école de cinéma où elle se souvient avoir été la seule élève noire. Plaçant des jeunes hommes et femmes face caméra, elle les interroge sur leur ressenti. Enrichi par les éclairages qu’apportent sociologues et historiens, son film exhume aussi, de pubs en sketchs comiques, d’extraits de JT en polémiques racistes, des clichés qui renvoient l’image d’une France au passé colonial toujours vivace. Et, malgré de généreux discours, pas davantage qu’hier ouverte à la diversité des origines, des cultures et des trajectoires individuelles.

La cinéaste Isabelle Boni-Claverie s’est découverte militante après l’affaire Guerlain.

Je ne suis pas une militante née. Mais en 2010, quand j’ai vu Jean-Paul Guerlain dire au journal télévisé de France 2 que pour la première fois de sa vie, il avait travaillé « comme un nègre », même s’il ne savait « pas très bien si les nègres avaient jamais tellement travaillé », mon sang n’a fait qu’un tour. J’ai décidé d’agir.

J’ai décidé de lancer sur les réseaux sociaux un appel à aller manifester devant la boutique Guerlain des Champs Élysées le samedi suivant. Nous nous y sommes retrouvés nombreux, avec une revendication simple : que l’entreprise cesse sa collaboration avec ce monsieur.

Nous avons dû revenir cinq semaines de suite pour obtenir cela et cinq mois de négociations plus tard, LVMH a adopté toute une série de mesures en matière de diversité ethno-raciale.

À ce stade, j’ai senti que ma place était ailleurs. J’ai voulu poursuivre le questionnement en tant qu’auteur.

Lire l’interview du Nouvel Obs

Plus bas, visionnez son interview à Mama Afrika…

 

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