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dimanche, mars 3, 2024

Ça chauffe !

Wandayant : Un professeur de l’ESSTIC interdit les cheveux naturels en cours !

Teyonah-Parris-cheveux-naturels-jewanda

Teyonah Parris, actrice américaine – Cheveux naturels

N’est-ce pas je dis souvent qu’on marche sur la tête dans mon pays le Cameroun ? Quelle ne furent pas mon indignation et ma colère lorsqu’il m’a été reporté qu’un professeur de l’Ecole Supérieure des Sciences et Technique de la Communication (ESSTIC) au Cameroun interdirait l’accès à ses cours aux étudiantes portant leurs cheveux naturels ! WTF ?! Non mais on est où là ?! C’est SCANDALEUX !

Il semblerait que le professeur de  Techniques de promotion de l’image des organisations n’apprécie pas que des étudiantes viennent à ses cours parées de la chevelure que Dieu leur a donné ! Les temps ont décidément bien changé. Et plus on avance, plus on recule !
Il est bien loin le temps où la seule chose qui nous était imposée c’était de venir « coiffée » à l’école. Ce temps là où les greffes n’étaient même pas une option envisageable. Mêmes les mèches dans les cheveux vous empêchaient parfois l’accès au lycée. Les cheveux défrisés, passent encore, tant qu’ils étaient bien coiffés ou tressés. Mais parfois, même le défrisage n’était pas toléré. Ou est-il passé ce temps là ? Que s’est-il passé depuis ?!

Le fameux professeur, lui, préfèrerait les cheveux défrisés ou le tissage. La raison évoquée par le professeur ? Selon lui, il paraîtrait qu’avoir ses VRAIS cheveux (parce que excusez-moi on ne naît pas défrisée ou greffée) « ne représentent pas la communication à l’africaine » ! De mieux en mieux ! Vraie préoccupation ou goûts personnels ? Donc en fait selon ce cher monsieur , une femme avec ses vrais cheveux CREPUS ne représente pas l’Afrique. Je suis restée perplexe devant cette assertion Wandayante !

Je vais vous dire pourquoi cette interdiction est non seulement abusive mais également dangereuse pour l’avenir de la communication de notre pays.

Commençons déjà par dire que d’un point de vue socio-économique, imposer à des jeunes filles sans revenus de se coiffer au moyen de greffe ou de défrisage est dangereux. Est-ce le professeur qui va financer l’achat des mèches et la main d’œuvre ? Quand se faire faire des tresses ou porter un joli chignon est plus économique ? Cette exigence n’est-elle pas plutôt une mise en danger de ces jeunes filles qui devront trouver comment financer des coiffures extravagantes ? Et on va pas se leurrer, on sait comment ça se passe parfois… N’ont-elles pas mieux à faire avec leur argent de poche éventuel ?

Ensuite, d’un point de vue philosophique, il s’agit tout simplement d’une atteinte à l’intégrité   physique de ces jeunes femmes. Une atteinte aux libertés individuelles. D’un point de vue légal, c’est une injonction discriminatoire. Faut-il donc se travestir pour pouvoir accéder à l’enseignement auquel on a droit de fait ?

Pour finir, ceci est un assassinat culturel ! La preuve d’une aliénation culturelle grandissante et bien encrée. Vous imaginez ? Faire croire à des jeunes demoiselles qu’elles ne représentent pas assez la culture africaine avec leurs cheveux naturels ? C’est très grave ! Quel impact à moyen et long terme ? La fabrication et la perpétuation de jeunes aliénés à qui on inculque un poison lent qui dit que pour pouvoir s’exprimer au mieux il faut ressembler le moins possible à un africain. C’est d’une agression psychologique impalpable. On va arriver Wanda People ?!

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Mes cheveux naturels ne m’ont pas empêchée d’avoir 6 pages dans le Afrique Magazine Spécial Cameroun et j’en passe !

C’est surtout choquant et inquiétant de voir qu’il s’agit de la réflexion d’un enseignant. J’aurais cru que la tolérance et l’acceptation de l’autre était ce que l’on essayait d’enseigner aux jeunes. A-t-on été si exposés à la culture occidentale que l’on ne sait plus apprécier notre beauté à son état naturel ? Je me questionne… Moi, qui porte fièrement mes cheveux naturels depuis quelques années, qui suis invitée à de nombreux événements ou je représente le Cameroun, qui ai un media qui s’appelle Je Wanda Magazine (je rappelle que le nom est issu de l’argot Camerounais), je ne représenterais donc pas la communication à l’africaine ? Excusez-moi prof, mais je pense même l’incarner dans toute son essence et ce jusqu’à la pointe de mes cheveux et de mon clavier. Dans un monde où des industries se forment autour du Nappy et du naturel en général, il est plus que temps de se mettre à la page. On est à l’heure d’une heureuse réappropriation de soi et de ce qui fait que nous sommes nous, et cela passe par notre physique et donc nos cheveux. N’en déplaisent à certains. Et j’irais plus loin, il en va de la survie de notre race. Car par pitié, tout le monde n’a pas les moyens de Beyoncé pour avoir des lace wigs « on fleek », alors les perruques ou les mèches de mauvaises qualité ne font qu’enlaidir nos sœurs quand elle pensent malheureusement s’embellir (pire les grand-mères s’y sont mises).

Entendons-nous bien, intrinsèquement, le cheveu crépu représente et représentera toujours l’Afrique que l’on le veuille ou non. Tout simplement car il est et sera toujours l’apanage des personnes afro-descendantes à moins que la génétique change ou que les autres commencent aussi à se faire implanter des cheveux crépus un de ces 4 (d’ailleurs cela ne me surprendrait pas quand en voit le reportage sur le « Black Lifestyle » au Japon).

Dénigrer sa nature, c’est se dénigrer. C’est ne pas s’aimer. Apprenons à nous aimer…

I have natural hair and I slay ! Ok Nappy Ladies now let’s get in Formation ! Ca sort comme ça sort !

PS : J’invite également les Wanda Boys qui aiment les femmes avec leurs vrais cheveux à s’exprimer et les soutenir à ne pas se laisser abattre.

Je ne juge pas celles qui mettent des greffes ou des perruques (sauf celles pour qui c’est laid, sérieux c’est vrai), cela m’est et peut m’arriver de temps à autres. Mais tout le monde devrait pouvoir se coiffer comme il veut !

C.V.F

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